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La France n’est pas un Disneyland géant…

Marielle de Sarnez, eurodéputée et proche soutien de François Bayrou, était l’invitée de RFI, mardi 20 décembre.C’est d’abord sur la grève qui touche les aéroports franciliens que la députée européenne et proche soutien de François Bayrou a été invitée à réagir. « Il y a un droit de grève, il faut le respecter. Ce mouvement résulte d’un manque criant de dialogue social. Nous devons le renforcer et mettre en place des discussions bien plus en amont », a d’abord analysé la députée européenne.

« Le Gouvernement avait promis qu’il n’y aurait plus de blocage, grâce à l’instauration d’un vrai dialogue et d’un service minimum, mais la réalité montre l’inverse », a-t-elle pointé.

« C’est un service public sensible qui est touché. Il ne faut pas que ce soit les usagers qui en subissent les conséquences. Je ne suis donc pas contre le fait, quand il y a un réel blocage et en dernier recours, de faire appel à titre exceptionnel à ceux qui ont la charge de la sécurité d’habitude, c’est à dire les forces de l’ordre », a-t-elle souligné.

« Tout le système était adossé à notre triple A »

Interrogée sur le risque d’une perte du triple A, la députée européenne a rappelé « qu’un certain nombre de responsables politiques ont dit et répété que la France se portait beaucoup mieux que d’autre pays de la Zone euro ». « Je pense que c’est faux », a-t-elle tranché, précisant que « nos gouvernants ont laissé filer la dette et la production, qu’on ne produit plus, que l’on n’apporte plus de valeur ajoutée ».

« Il ne faut donc pas s’étonner qu’on perde le triple A. Ce n’est pas une bonne chose, car nous allons devoir emprunter à des taux d’intérêts plus élevés. Au plan européen, tout le système était adossé à la capacité d’endosser des crédits de la France ou de l’Allemagne or c’est aujourd’hui remis en cause. Pour sortir de cette crise, il faudra choisir de bonnes perspectives », a-t-elle souligné, en écho aux propositions volontaristes de François Bayrou en la matière.

« Il faut redéfinir le message européen de la France »

Réagissant au nouvel accord européen, Marielle de Sarnez a jugé que « Nicolas Sarkozy se trompe en sur-médiatisant chaque sommet européen. Ce n’est pas ainsi qu’il arrivera à quelque chose. Nous avons dans le dernier accord, qui est incompréhensible pour la majorité des gens, des rajouts à l’incertitude juridique, économique et financière. Le rejet du système par l’Angleterre a révélé les doutes que certains autres pays européens ont sur le bien fondé des décisions prises. Or si tout cela déboucher sur un échec, ce sera l’avenir de l’Europe qui sera en jeu », a-t-elle analysé.

Selon Marielle de Sarnez, il faut donc « redéfinir le message européen de la France, il faut que le couple Franco-Allemand soit mieux équilibré. Angela Merkel défend les intérêts de l’Allemagne et elle a raison, ce que je regrette c’est que Nicolas Sarkozy ne fasse pas l’équivalent pour la France », a-t-elle ajouté.

« Il faut plus de rigueur, mais sans casser la croissance »

Alors qu’un journaliste lui présentait l’idée d’un nouveau plan de rigueur, l’eurodéputée a estimé que « ces plans ne sont pas sérieux » et n’ont « rien réglé structurellement ». Pour elle, « les efforts à faire doivent être plus importants, mais doivent être fait sans casser la croissance ». « Ça doit se faire à la fois sur le plan national et sur le plan européen. Pour répondre a la crise de la dette il va falloir revenir a l’équilibre budgétaire et, dans le même temps, il va falloir créer des perspectives de croissance. On ne peut imaginer l’un sans l’autre », a-t-elle défendu.

« Ce que nous disons avec François Bayrou, c’est qu’il faut 100 milliards d’euros pour rééquilibrer le budget de la France. Cela implique 50 milliards de recettes nouvelles, sur la fiscalité notamment la TVA, et 50 milliards de baisses des dépenses », a-t-elle proposé. « Imaginer que la France peut s’en sortir sans effort serait une erreur ou un mensonge. Il faut reconstruire notre capacité à produire. Si nous passons notre temps à importer, nous nous appauvrirons encore davantage », a-t-elle estimé.

« Pour créer de l’emploi, il faut créer de la richesse et de la croissance »

« Il suffit que l’on déplace 10% des imports vers les exports. On aura fait un énorme pas vers le rééquilibrage et la relance de la croissance. Les traités européens permettent de mettre en place une stratégie de consommation nationale, nous pouvons aussi recréer un commissariat au plan. On ne va tout de même pas être une sorte de Disneyland géant juste bon à recevoir des touristes, la France vaut mieux que ça ! Il n’y a aucune raison qu’on n’y arrive pas, comme l’Allemagne y est arrivée, alors qu’on a les meilleurs technologies et les meilleurs ingénieurs », a-t-elle poursuivi.

Pour la députée européenne, « il n’est pas trop tard pour redresser la France. Attendre le désastre sur le bord de la route, ce n’est pas notre optique et ça na jamais été notre tempérament. Nous devons créer de l’emploi. Or, cela implique de créer de la richesse et donc de créer de la croissance. Pour préserver les savoirs faire et préserver notre technologie, nous devons faire de l’innovation, nous devons breveter. La France a le potentiel pour le faire, elle a les chercheurs, elle a les entreprises », a-t-elle détaillé.

« Pour cela, il faut aussi une Union européenne forte et non pas qui se délite. Il faut qu’elle existe véritablement en tant qu’entité politique », a ajouté Marielle de Sarnez. « La mise en place de l’Euro était un symbole très important. Ce qui a manqué c’est la convergence des politiques économiques, qui est censée aller de paire avec cette monnaie commune. Avec l’euro, on s’est arrêté au milieu du travail », a conclu Marielle de Sarnez.

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